"Un sacré gaillard, subtil et capable de tout vice, un fripon", ont dit les habitants de sa paroisse natale le 20 septembre 1720, à l'issue d'une noce bien arrosée.
Accusé de vol et autres délits, il en perd son honneur de futur notaire et n'a d'autre choix que l'exil.
Dès son arrivée au Canada, il modifie son identité, change sans cesse de nom et de prénoms au gré de ses rencontres mais aussi et surtout en fonction de ses intérêts.
Pire encore, le jour de ses noces, en 1732, il reconnaît son premier fils né avant mariage sous un faux patronyme. Et comme si cela ne suffisait pas, il "omet" de réparer la faute à la naissance de ses deux autres garçons.
Il falsifie aussi l'identité de ses père et mère, notamment en empruntant le nom d'un châtelain, un voisin de son Huelgoat natal, ceci afin de donner l'illusion d'être issu de la grande noblesse bretonne.
Ses enfants, qui portent donc un faux nom, en l'occurrence Le Bris, et son épouse, mariée à un homme n'ayant aucune existence légale, se retrouvent naturellement complètement démunis après sa mort en 1736 à Kamouraska.
Trois ans plus tard, "voyant que son défunt mari ne leur a rien laissé", ni à elle ni à ses enfants, sa veuve renonce, en sa qualité de tutrice, à la propriété d'une terre achetée 450 livres en 1734 par "Alexandre de Kervoach" sur laquelle il n'avait versé que 12 livres.
En 1746, "la communauté avec son mari lui ayant été plus onéreuse que profitable", elle y renonce par acte officiel et cède par la même occasion toutes ses créances sur la succession du défunt.
Succession qui ne sera jamais liquidée au Canada...